pourquoi explorer son mon émotionnel ?






Sache que tu peux retrouver cet article en version audio, il s'agit de l'épisode #13 de mon podcast Le moment où, disponible ci-dessous et sur ta plateforme d'écoute préférée.





Pour commencer, je voudrais te dire que ce sujet me tient beaucoup à cœur. J'espère que mes réflexions et que tout mon cheminement émotionnel te parlera et résonnera en toi.


Exprimer mes émotions a toujours été plus ou moins compliqué pour moi, et je pense que je l'ai particulièrement ressenti pendant mon adolescence.



La gestion de mes émotions à l'adolescence 🌪



Pendant, longtemps, j'ai cru que pour ressentir des choses, je devais être triste et en colère, c'étaient les seules émotions qui m'animaient bien que je ne savais pas du tout les gérer. J'alimentais ma tristesse et je contenais ma colère. C'est comme s'il y avait un trop-plein constant de tristesse et de colère.

Je pense que la tristesse m'empêchait de me sentir vide et seule et j'ai fait de la nostalgie et de la mélancolie mes meilleures amies.

À l'instant même où je vivais quelque chose, je ressentais de la tristesse en pensant à la fin.

J'ai compris que la nostalgie est une de mes parts d'ombre, car c'est quelque chose qui peut me paralyser et me plonger dans une tristesse infinie qui me réconforte. C'est un peu paradoxale, je sais, mais quand j'étais triste, j'avais ce besoin de l'être encore plus. Je m'accrochais à cette émotion parce que j'avais l'impression que j'existais à travers elle et que je pouvais enfin ressentir quelque chose. Je ne laissais pas vraiment de place au sentiment de joie et je n'étais pas dans le moment présent parce que ce que je vivais, était déjà un souvenir pour moi.

Encore aujourd'hui, je suis encore un peu partagée entre la douleur et le réconfort que m'apporte ma nostalgie.


La joie était très compliquée pour moi à ressentir, c'était trop éphémère et comme je pensais déjà à la fin, je n'avais jamais le temps d'en profiter et d'ancrer cette émotion.

Je n'arrivais pas à partager ma joie, ni à y trouver de l'intérêt. Je ne saurai pas expliquer, mais c'était beaucoup plus simple pour moi de me laisser habiter par ma tristesse et ma colère que d'exprimer ma joie.

J'avais envie de dire que j'étais passive, mais même pas parce que je nourrissais beaucoup cette tristesse. Je l'alimentais constamment.

J'étais du genre à garder des conversations par message, à me refaire mille fois une scène de dispute ou de rupture dans la tête, pour donner une image un peu crade, mais qui illustre bien, c'est quand tu trifouilles un peu dans une plaie ou quand tu appuies sur un bleu, ça fait mal, mais tu en tires une certaine satisfaction.


Et je pense que ce trop-plein de tristesse pendant mon adolescence et certains éléments déclencheurs comme le divorce de mes parents et la rupture avec mon premier amour m'ont poussée à couper tout contact avec mon monde émotionnel.

J'ai le souvenir d'une fois où j'avais 16/17 ans et où je me suis montrée tellement vulnérable que ça été dur pour moi de le faire, d'exprimer mes émotions, de communiquer sur ce qui me faisait mal, j'ai mis des semaines avant de me lancer et au moment de le faire, je me suis pris un mur. Tu sais la vulnérabilité qui te donne vraiment l'impression d'être à poil devant quelqu'un, j'avais préparé ce que j'allais dire, comment j'allais le faire et ce que ça allait éventuellement changer. Je m'étais préparée à être vulnérable pour la première fois.

Après cette période-là de ma vie, je crois que je me suis répétée que je ne ressentais rien et que rien ne pouvais plus me toucher. À part mes souvenirs, car je gardais quand même ce lien avec ma nostalgie. Je ne voyais pas l'intérêt de ressentir des émotions si c'était pour en souffrir.

J'ai associé la vulnérabilité au fait de donner accès à tes failles et je me suis totalement désengagée de mes émotions et de tout ce qui pouvait les provoquer. Je mettais une distance de fou avec ce qui m'arrivait et quand je n'y parvenais pas, je me persuadais que ce n'était rien et que j'étais hermétique à tout et à tout le monde.


Et comme j'avais du mal à accueillir mes émotions et à les comprendre, je n'avais pas trop d'empathie et je ne comprenais pas trop les personnes qui se laissaient submerger par leurs émotions et qui n'arrivaient pas à les canaliser.

C'était compliqué pour moi de voir quelqu'un pleurer et de le réconforter par exemple. Je ne savais pas quoi faire de ce trop-plein d'émotions, j'étais dans le pragmatique en mode "arrête de pleurer voilà la solution."



Les prises de conscience 🌝



Puis j'ai eu deux déclics, le premier en allant voir un énergéticien à Bali pour du bruxisme, je contenais tellement de choses en moi qu'en dormant, je serrais la mâchoire si fort que ça me faisait grincer des dents, et ce, depuis des années. Désolée, ce n'est vraiment pas glamour, mais c'est pour vous donner une idée de l'état de tension dans lequel j'étais et de tout ce que j'intériorisais.

Sans me connaître, il a commencé à me parler de ma relation avec mes émotions et de l'urgence de les accepter et de les laisser sortir. Il a comparé mon monde émotionnel à de gros embouteillages. Et c'est fou parce qu'à ce moment-là, il me parlait de chose super perso qui faisaient remonter des choses assez douloureuses et encore une fois, je ne me suis pas autorisée à pleurer ou extérioriser ce que je ressentais. J'avais conscientisé, mais je n'étais apparemment pas prête pour passer à l'action.

Le deuxième déclic a eu lieu le jour de mes 24 ans pendant la lecture de mon thème astral par une astrologue. On s'est attardé sur mon monde émotionnel et sur comment je le gérais (ou pas) et j'ai pu comprendre, mettre des mots sur le pourquoi les émotions étaient si compliquées pour moi. Dans ma carte du ciel, je n'ai aucune planète en eau, l'eau qui est, en gros, l'élément lié aux émotions et en fait quand l'astrologue a souligné ce point, elle m'a décrit à la perfection avec cette difficulté à me connecter mes ressentis, à dialoguer avec mes émotions, à les exprimer, me laisser aller, à vivre et me laisser traverser par mes émotions. Et il s'est révélé que j'avais tout à réapprendre de mes émotions. Parce que si je n'ai aucun mal à me discipliner, à passer à l'action, à m'organiser etc.tout ce qui est lié aux émotions n'est pas inné chez moi.

Le fait de réaliser tout ça, j'ai l'impression que ça m'a libéré d'un poids, de savoir que c'était écrit quelque part, mais que maintenant, j'avais les cartes en main pour évoluer d'un point de vue émotionnel, je pense que ça m'a vraiment fait du bien.


Et je pense qu'en 9 mois, j'ai côtoyé, accepté, vécu et compris plus d'émotions qu'en 24 ans alors j'avais envie de te partager 5 leçons qui m'ont beaucoup aidé dans cet apprentissage qui je pense, ne sera jamais vraiment terminé.


1. Tu n'es pas tes émotions 🌜

Ça m'a beaucoup aidée avec moi-même, dans le sens où je me juge beaucoup moins quand je ressens quelque chose, mais ça m'a aussi aidée pour développer mon empathie et ma compréhension des autres et de leur gestion émotionnelle. On a tous notre propre fonctionnement émotionnel, mais nos émotions ne nous définissent pas. Elles viennent teinter nos journées, nous donner des informations précieuses, mais elles ne vont pas déterminer qui nous sommes car elles sont éphémères.

On va rebondir sur cette notion d'éphémère avec la 2e leçon.


2. Une émotion qui s'installe devient une humeur 💫


Je t'en ai parlé plus tôt dans cet épisode, ma relation avec mes émotions n'était pas super saine, surtout quand il s'agissait de tristesse, je m'attachais tellement à cette émotion, qu'elle se transformait en humeur, en mood général et j'étais morose. Les émotions n'ont pas vocation à rester et s'installer, au risque de devenir des humeurs. Les émotions sont passagères, elles sont un signal, une réaction affective, psychologique de courte durée, accompagnée de modification physiologique.(cœur qui bat fort, transpiration, respiration saccadée...)

Pour éviter qu'une émotion devienne une humeur, c'est important d'avoir conscience que...




3. Derrière chaque émotion, se cache un besoin 🌥


Avec la suivante, cette leçon est celle qui m'a le plus aidée à comprendre mes émotions et les laisser me traverser sans s'ancrer. Si on reprend l'exemple de la tristesse, son besoin profond est d'être consolé. Pour être consolé, il faut d'abord accepter la présence de cette émotion et la reconnaître et ne pas l'étouffer ou la nourrir. En l'acceptant, je peux remplir son besoin, soit en en parlant à quelqu'un de proche pour être consolé soit en me consolant, en me réconfortant moi-même (pour avoir essayé ça marche très bien parce qu'à titre perso j'ai encore du mal à laisser de la place aux personnes qui m'entourent pour me consoler, je sais pas comment expliquer mais maintenant je peux dire que je suis triste mais je ne vais pas attendre de la personne en face qu'elle me console et je vais encore moins lui demander, ça me mettrait dans une position d'inconfort. Quand je te disais que c'est un apprentissage d'une vie, c'est dans ces moments-là que je le ressens. Par contre, là où j'ai beaucoup évolué, c'est au niveau de la colère, colère que je contenais tellement que mes dents en faisaient du bruit la nuit si tu te souviens. Le besoin profond de la colère, c'est d'être respecté. Et maintenant quand je sens la colère qui pointe le bout de son nez, je suis de plus en plus, pas toujours, capable d'exprimer, de mettre des mots sur les raisons de cette colère. Je vois la colère comme un petit signal en mode, Méli là on dépasse les bornes avec toi, ouvre le dialogue.



4. Toutes les émotions que tu ressens ne t'appartiennent pas 🥸


Cette leçon tout le monde devrait l'avoir en tête parce qu'en tant qu'être humains dotés d'une sensibilité émotionnelle, certains d'entre nous ont des capteurs plus ou moins sensibles aux émotions des autres et sont capables donc de capter les émotions de la personne à côté de laquelle ils sont assis, d'une personne qu'il croise ou même qui était dans la pièce avant eux.

Quand j'en parle, je prends souvent cet exemple, car ça m'arrive souvent à titre perso, je vis avec deux personnes et j'ai déjà remarqué qu'en me réveillant de bonne humeur, il suffisait que je descende dans le salon, que je crois quelqu'un et de remonter dans ma chambre de mauvaise humeur, sans aucune raison. Ça peut être frustrant et troublant et ça peut te ruiner une journée qui pourtant avait bien commencé.

Maintenant, je le remarque direct et je laisse les émotions des autres me traverser, je reçois l'info que la personne que j'ai croisée n'est pas de bonne humeur, mais je ne laisse pas ce mood s'imprimer sur moi.

Si tu te reconnais dans cette leçon, je t'invite, quand ça t'arrive à te demander : "Est-ce que cette émotion m'appartient ?" Si tu sens qu'elle ne t'appartient pas, laisse la partir comme elle est venue.



5. Mets des mots sur tes émotions pour mieux les comprendre ✍🏼


J'en ai déjà parlé plus d'une fois, mais pour moi le journaling a vraiment été l'outil qui m'a le plus aidée à dealer avec mes émotions parce que je pouvais faire des liens entre ce que je vivais et ce que je ressentais. Et encore maintenant, je sais qu'il m'aide à évacuer ma frustration, ma colère ou ma tristesse.

Je pense que j'ai fait le tour du sujet pour aujourd'hui parce que je sais que je pourrais en parler pendant des heures, mais j'espère que cet article aura été intéressant et qu'il aura été utile.



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